COHEN Thierry
22 chemin Grande Borne
69360 TERNAY
Président de l’association
« Notre Vie à Ternay »
Ministère de l’ Écologie, du Développement durable,
des Transports et du Logement.
Madame la Ministre de l’ Écologie, du Développement durable, des Transports et du Logement.
Grande Arche
Tour Pascal A et B
92055 Paris la Défense Cedex.
Objet : Projet SITA-FD d’ouverture d’un site de stockage et de traitement de déchets polluants et dangereux sur le territoire de la commune de TERNAY 69360.
Madame la Ministre,
Je souhaite par la présente réagir à la réalisation de ce projet, qui a vu une première enquête publique aboutir à une décision négative du commissaire enquêteur, mais qui a reçu un avis favorable lors d’une autre enquête publique.
Le dossier présente des déficiences de fond sur lesquelles nous devons vous alerter. Sur 3 axes fondamentaux, le dossier est ou muet ou admirablement optimiste.
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L’implantation est traitée en déconnexion de tous les enjeux politiques du territoire : mutation de la vallée de la Chimie, développement du Pôle de compétitivité pour une chimie propre, développement du transport fluvial, devenir du port de Givors, extension du biotope, liaison Léman Méditerranée, développement du fret ferroviaire. Quel y est l’apport structurant de l’implantation envisagée ? Le choix du site doit être directement lié à une exigence chiffrée de tonnage fluvial par rapport au routier. C’est en amont des autorisations, avec un peu de pugnacité, de pragmatisme, qu’on construit des projets cohérents. Après, c’est trop tard, on subit.
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Les modalités d’exploitation ne sont pas à la hauteur des enjeux de ce type d’activité.
Il y a manifestement de la part de l’exploitant, un manque de transparence, en particulier sur le poste essentiel du déchargement et chargement. Cette opération est un point névralgique de l’organisation de la plate-forme et des risques qu’elle représente, d’autant que le dossier ne comporte aucune modalité sur le RSDE (recherche de substances dangereuses dans les eaux de rejet).
Passera-t-on à côté de l’opportunité qu’offre un dossier de demande d’autorisation sans imposer un dispositif courant de système mécanisé (aspiration couplée à un transport pneumatique) ? Il semblerait.
Il s’agit tout de même d’évaluer la possibilité de déverser 300 000 tonnes de déchets. Bien des industriels concurrents gèrent sans difficultés cette activité dans des espaces confinés, les seuls à permettre un stockage avec traitement du flux d’air vicié et à limiter l’exposition des travailleurs (sujet qui n’est pas abordé dans ce dossier).
3) Le dossier contourne l’impact de l’installation sur un trafic routier engorgé.
Nous assistons, impuissants, à l’accroissement inexorable de l’engorgement autoroutier.
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Tous, nous craignons un véritable drame si ce point n’est pas traité et en plus est aggravé par l’implantation de SITA-FD. Et suggérer la suppression de toute référence au mode dégradé revient à
masquer une réalité que même la Compagnie Nationale du Rhône peine à éviter.
Que démontrent les études commandées sur le carrefour ? Que la densité du trafic est telle qu’il convient d’éviter certains créneaux horaires. Que propose l’exploitant ? D’éviter ces horaires.
Quelle garantie offre-t-il ? Aucune. Le pourrait-il ? Oui en ayant la maîtrise sur tout le trafic amont. Est-ce possible ? Il répond lui même que non.
Cette position prend d’autant plus de saveur que la CNR écrivait, il y a peu au Grand Lyon, à propos d’une déchetterie à situer dans le secteur « les caractéristiques de la voirie de ce site ne nous permettent pas de vous apporter un avis favorable à cette implantation. (…) Nous estimons que les problèmes de circulation, déjà importants à ce jour, seraient encore accentués par un afflux supplémentaire de véhicules qui engendreraient de nouveaux risques d’accident routier, ce que vous le comprendrez, nous ne souhaitons pas en tant que gestionnaire du site ».
Est-ce à dire que ce qui est impensable pour les uns ne pose aucun problème pour les autres ?
Comptant sur votre attention particulière dans la prise d’une décision sur un dossier présenté comme anodin, mais qui ne l’est point.
Je vous prie de bien vouloir agréer, Madame la Ministre, l’expression de ma très haute considération.
Le Président
Thierry COHEN.